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Macron, le produit de consommation opportuniste et toxique

Lundi 3 avril 2017

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Macron, l’homme du zéro électeur qui espère passer du stade d’inconnu complet à président de la République en deux ou trois ans à peine et en ne proposant quasiment pas de programme parce que pour lui, c’est une erreur de penser que le programme constitue le coeur d’une campagne électorale ; pour lui la politique c’est mystique, c’est un style, une magie !

« Je pense qu’il y a toujours une part de transcendance dans la vie politique » affirmera-t-il au cours d’une émission.

Le candidat Macron, que le plupart des médias présentent comme un type absolument brillant qui peut, du coup, se dispenser d’expliquer ce qu’il fera puisqu’il est certain quil ne peut prendre que les bonnes décisions. Nous allons donc ici voir son parcours, pour constater s’il a les qualités qu’on lui prête et si on peut croire Macron sur parole, quand il dit qu’il va redresser le pays sur la base de sa vision, parce qu’après tout, comme il le dit lui-même si bien :

« mais je suis désolé, on s’fout des programmes, ce qui importe c’est la vision » !

SON PARCOURS SCOLAIRE

Macron a fait toute sa scolarité à l’école privée catholique fondée par les jésuites à Amiens. Suite à une histoire de coeur avec sa prof de théâtre qui deviendra sa femme en 2007, il s’éloigne d’Amiens et fait sa terminale au lycée Henri IV à Paris où il obtient un bac S avec mention très bien. C’est dans le même lycée qu’il enchaine avec deux années de prépa de lettres, dans l’espoir d’intégrer l’Ecole Normale Supérieure ; mais finalement il s’inscrit à l’université Paris Nanterre pour y suivre des cours de philosophie. Il obtient d’abord une maîtrise puis un DEA. En 2001, il entre à Science Po Paris et enfin de 2002 à 2004, il termine sa scolarité à l’ENA de Strasbourg selon les versions officielles et publiques données régulièrement. Cependant, plusieurs zones d’ombres viennent entacher ce parcours lisse qu’on nous sert « agréablement ».

S’il apparait vrai que Macron a bien rédigé un mémoire sur le fait politique et la représentation de l’histoire chez Machiavel, en revanche, il n’y a aucune trace d’une quelconque thèse pourtant nécessaire à la validation d’un niveau bac +5, ni d’un deuxième mémoire sur la philosophie d’Hegel qu’il affirme pourtant avoir rédigé sous la direction d’Etienne Balibar. Contacté par le journal Le Monde, ce dernier affirmait « n’avoir aucun souvenir de son travail universitaire et déplorait la mise en scène de sa formation philosophique ». Et pour cause ! Plusieurs articles et émissions ont affirmé que Macron a été l’assistant du philosophe Paul Ricoeur en 1999 et 2001 avant de se faire corriger par un membre du Conseil Scientifique du fond Ricoeur qui a qualifié cette présentation d’abus de langage souvent repris par les médias qui supposerait qu’Emmanuel Macron ait enseigné la philosophie, ce qu’il n’a jamais fait, qui plus est, avant mai 68.

En réalité, Macron a été l’assistant de Rédaction du philosophe Paul Ricoeur pour son livre « La mémoire, l’histoire et l’oubli ». Cependant cette formulation répandue dans les médias est encore trompeuse car elle laisse supposer qu’Emmanuel Macron était co-auteur du livre sauf que lorsqu’on creuse un peu plus, on se rend compte qu’il n’a pas écrit une seule ligne mais que son travail consistait surtout à faire de la correction ou aller chercher des références à la bibliothèque, donc un travail ingrat qui n’a rien de flamboyant, mais en se présentant partout comme l’assistant du philosophe Paul Ricoeur, Macron s’offre un crédit moral pas cher et bien pratique, qui vont l’aider dans ses affaires et en politique.

Dans le même genre, la plupart des journalistes représentèrent Macron comme un normalien au début de sa médiatisation parce que Macron avait répété à qui voulait l’entendre, qu’il avait suivi des cours à Normale Sup’, créant ainsi la légende et induisant en erreur les gogos ! Le fait est qu’il n’a jamais été élève dans cette école pour laquelle il a raté deux fois le concours d’entrée.

En résumé, Macron a un parcours scolaire un peu mieux côté que la moyenne certes mais il n’est pas sorti du lot ; c’est resté un élève moyen et on peut facilement trouver beaucoup de monde avec un cursus scolaire bien plus brillant sans qu’on en fasse toute une histoire. De plus, il a menti et a survendu son parcours pour se faire valoriser, ce qui n’est pas vraiment une preuve de grande intelligence et ça montre surtout qu’il fait passer son arrivisme avant son honnêteté et ça, ce n’est pas bon signe !

Si beaucoup de journaux ont corrigé leurs articles et ont relayé des points de vue critiques sur le parcours de Macron au fil des mois, d’autres laissent en ligne des informations pourtant douteuses ou démenties depuis longtemps et la plupart des articles continuent de présenter Macron comme un type brillant, super intelligent, un génie ou un philosophe sans autre preuve à l’appui que les témoignages de ses proches et de ses soutiens, comme dans une émission où sa femme, son mentor et son employeur, pour vanter ses qualités !

Alors il est aisé face à cela de voir la supercherie et comprendre que tous ces publi-reportages sont réalisés dans le but de transformer Macron en un argument d’autorité sur pattes pour que, justement, on le croit sur parole, quand il dit qu’il va redresser le pays sur la base de sa vision sans pour autant qu’il explique ni comment ni avec quel programme il compte y arriver, et il y a des gens sur qui ça marche…

Après tout, l’école ne fait pas tout et si ses proches vantent ses qualités, c’est peut être parce qu’il s’est révélé dans le monde professionnel !

SON PARCOURS PROFESSIONNEL

A sa sortie de l’ENA en 2004, il rentre à l’Inspection Générale des Finances (IGF), une sorte de contrôle de gestion de l’état et il y prend sa place durant trois ans. C’est là qu’il rencontre Jean-Pierre Jouyet (actuel Secrétaire Général de l’Elysée) alors Chef de l’inspection des finances qui va le prendre sous son aile.

En 2007, fraîchement élu, Nicolas Sarkozy va créer une commission qui sera chargée de rédiger un rapport donnant des recommandations pour relancer la croissance en France : la Commission pour la libération de la croissance française. Cependant il serait bien plus juste de l’appeler la Commission pour la libéralisation de l’économie française, plus connue sous le nom de Commission Attali puisque c’est Jacques Attali qui en sera président.

Pour former sa commission, Attali recrute des gens de tous les bords politiques, ayant le moins de liens possibles avec l’exécutif, mais qui ont tous pour point commun, d’être des libéraux, amoureux de la concurrence économique et de la mondialisation. Cette commission est composée essentiellement, d’avocats d’affaires, de professeurs d’université, de hauts fonctionnaires et de PDG ou de responsables de banques et de multinationales comme Areva, le Crédit Agricole, la banque mondiale, la Deutsche Bank, Sofiproteol ou encore Nestlé. Ce qu’il est alors intéressant d’observer, c’est que l’on remarque que des PDG de groupes étrangers sont membres de commissions en France alors même que celle-ci est chargée de donner des recommandations sur la gestion du pays. Par contre, sur la quarantaine de membres de la commission, aucun n’était agriculteur, artisan, petit commerçant ou petit salarié. Un seul avait un passé d’ouvrier et un seul habitait les banlieues.

Tout ceci montre un entre-soi idéologique et sociologique très fort et délibéré.

C’est donc à cette occasion que Macron rencontre Attali qui le choisit pour être rapporteur adjoint de cette commission, probablement sur recommandation de Jean-Pierre Jouyet. La participation à cette commission est un tournant dans sa carrière. C’est là qu’il va se créer un réseau de contacts exceptionnels qu’on va voir réapparaître dans son parcours professionnel. Il va aussi devenir le poulain de Jacques Attali, à qui il doit la suite de sa carrière.

“Emmanuel était très habile. Il a été extrêmement apprécié de tous les membres de la commission, il n’a « antagonisé » personne et s’est créé des relations personnelles. Pour un gamin de cet âge, arriver à être immédiatement visible de quarante personnes qui sont puissantes, influentes et qui jugent, c’était un accélérateur de carrière extraordinaire” confiait Jacques Attali devant les caméras.

Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que les propositions du candidat Macron en 2017 rejoignent les recommandations que cette commission a rendues dans ses rapports successifs.

Le premier rapport est rendu au bout de six mois en janvier 2008. Il propose 300 mesures, notamment la baisse des cotisations sociales compensée par une hausse de la CSG et de la TVA, l’instauration de fonds de pension à la française signifiant le glas de la retraite par répartition, la réduction de la fiscalité qui pèse sur le secteur de la finance, la suppression des départements, la réduction du nombre de communes, la suppression du principe de précaution, la déréglementation des pharmacies etc.. etc..

En fait, au travers de cette commission, Macron est l’un des principal promoteur des politiques ultra-libérales réclamées par l’Union Européenne et le MEDEF qui ont particulièrement bien gangréné le pays sous l’ère de Sarkozy et de Hollande.

En septembre de la même année, il se met en disponibilité de la fonction publique et il devient banquier d’affaires chez Rotschild et Cie. Il est recruté par François Henrot sur recommandation de Jacques Attali et Serge Vimbert, tous deux membres de la commission Attali. Deux ans plus tard, en 2010, il est promu associé au sein de la banque. Il quitte son poste de rapporteur adjoiont de la commission Attali pour y être réintégré par décret, en tant que simple membre. Il n’est plus présenté comme inspecteur des finances mais comme associé au sein de Rotschild et Cie.

La commission Attali, ou quand le pantouflage finit par être institutionnalisé !

C’est cette année là qu’une histoire très instructive intervient sur le comportement de Macron. En 2010, le Monde traverse des difficultés financières et cherche un repreneur pour renflouer les caisses. C’est à cette époque que Macron propose bénévolement ses conseils à la société des rédacteurs du Monde qui était l’actionnaire principal, regroupant les salariés du journal. Deux offres sont faites aux dirigeants du Monde, menées par deux trios : la première regroupe Pierre Bergé, Xavier Niel et Matthieu Pigasse, tandis que la seconde Claude Perdriel, un ancien du Monde, France Télécom / Orange et Prisa Presse. Dans ses conseils gratuits, Macron va constamment privilégier l’offre Prisa Presse qui est pourtant considérée comme dangereuse par les membres de la société des rédacteurs du Monde, qui s’oriente plus vers l’offre de Xavier Niel.

Le 3 septembre 2010, les membres de la société des rédacteurs du Monde ont rendez-vous avec les conseillers de Pierre Bergé pour discuter de son offre. Par un heureux hasard, la réunion a lieu au numéro 10 de la rue Georges V, dans le même immeuble qui abrite les bureaux d’Alain Minc, ancien président du conseil de surveillance du Monde et actuel conseiller pour le groupe Prisa Presse, pour le rachat du journal. C’est ainsi qu’après la réunion, alors que les membres de la société des rédacteurs du Monde discutent sur le trottoir devant l’immeuble, Adrien de Tricornot voit sortir de l’immeuble Alain Minc en compagnie d’Emmanuel Macron. Leurs regards se croisent et Macron fait immédiatement demi-tour pour aller se cacher dans l’immeuble avant d’être repéré par les autres salariés du Monde. Adrien Tricornot explique devant les caméras comment il informe ses collègues avant de rentrer à nouveau dans l’immeuble et de monter dans les étages pour finir par retrouver Macron, qui s’était réfugié au dernier de l’immeuble. Ca montrait alors pour Adrien Tricornot une forme d’aveu de la part de Macron d’avoir eu des discussions avec une des parties prétendante au rachat sans en avertir la société des rédacteurs. De l’image qu’il avait alors voulu façonner d’un jeune homme généreux et plein de conviction, le voile tombait et laisser voir un banquier d’affaires prenant la fuite à la simple vue qu’il était confondu. Macron était un “agent double discount” : sous couvert de conseils gratuits qu’il donnait à l’actionnaire principal du journal le Monde, il oeuvrait pour les intérêts de Prisa Presse et faisait le sale boulot d’Alain Minc. En marketting il y a un dicton pour ce genre d’affaire : “quand c’est gratuit, c’est toi le produit” !

Quand Minc parle de Macron au cours d’une interview pour l’émission Envoyé Spécial il décrit les choses ainsi :

“David de Rotschild avait rencontré Emmanuel Macron mais je lui ai dit, il faut le prendre à tout prix, parce qu’il était exceptionnellement charmant et intelligent et que ceux sont les qualités d’un banquier d’affaires. Un banquier d’affaires doit être intelligent, souple, rapide et si il peut être en plus charmant parce que c’est quand même un métier de pute c’est une qualité et il les avait toutes et il a merveilleusement réussi”.

D’ailleurs il est à noter qu’après avoir soutenu Nicolas Sarkozy puis Alain Juppé, Alain Minc est désormais un soutien d’Emmanuel Macron depuis la fin janvier 2017.

Emmanuel Macron va également s’occuper de grosses affaires. Ainsi, en 2012, il conseille Philippe Tillous-Borde, le PDG de Sofiproteol et membre de la commission Attali qui prend 41 % des parts de Lesieur Cristal. La même année il est promu gérant chez Rotschild parce qu’il va ramener un gros client à la banque avec la négociation du rachat d’une filiale de Pfizer par Netslé dont le PDG, Peter Brabeck, est membre de la commission Attali.

C’est avec cette transaction de 9 milliards d’euros que Macron va devenir millionnaire grâce à sa commission financière. Toujours en 2012, il devient young leader de la French American Fundation, association destinée à booster la carrière des élites françaises favorables aux Etats-Unis, à l’économie de marchés dérégulée et à la mondialisation. Il rejoint ainsi les traces d’Alain Juppé, Alain Minc, Laurent Joffrin, Arnaud Montebourg, François Hollande, Nicolas Dupont Aignant, NKM, Laurent Wauquiez, etc..

En plus d’être doué pour noyauter en réseau qui va lui permettre d’obtenir une promotion tous les deux ans chez Rotschild , il va également bénéficier d’un gros coup de chance avec l’élection de François Hollande à la présidentielle en mai 2012. Il l’avait déjà rencontré en 2006, lorsqu’il était encore inspecteur des finances, à l’occasion d’un dîner, organisé par Jean-Pierre Jouyet qui voulait les faire se rencontrer. C’est à la suite de ce dîner que Macron va adhérer au Parti Socialiste et qu’il va devenir le conseiller économique de Hollande pour la campagne des primaires socialistes de 2007. Hollande n’avait aucune chance de gagner à cette époque mais ça permettait à Emmanuel Macron de mettre un pied dans la politique et de réclamer une investiture pour un poste de député en Picardie. Mais le jeune haut fonctionnaire n’a pas mis tous ses oeufs dans le même panier. Même si la politique l’attire, il ne s’imagine pas faire des courbettes rue de Solférino pour obtenir une circonscription de l’état-major du PS selon la légende servie sur le plateau médiatique. La réalité est toute autre : il a réclamé l’investiture mais s’est vu opposé une fin de non recevoir par les adhérents du parti en Picardie qui ne voulaient pas de lui, ce qui n’a pas été exactement une mauvaise option pour lui puisque c’est grâce à ce refus qu’il a pu être recruté dans la commission Attali puis rentrer chez Rotschild.

Durant la campagne de 2007, il va aussi rejoindre Jean-Pierre Jouyet dans le groupe des Gracques, une sorte de club de réflexion libéral qui réunit des hauts fonctionnaires, d’anciens patrons, et des personnalités politiques au-delà du clivage gauche/droite. L’option politique défendue par les Gracques provient largement d’un constat réel ou supposé d’inadéquation entre le projet d’état providence d’inspiration keynésienne défendue traditionnellement par le parti socialiste et la société actuelle, marquée par la mondialisation et la construction européenne.

Ainsi, Macron baigne une fois de plus dans un cercle d’influence des politiques ultra-libérales dont on voit les effets si “bénéfiques” dans notre quotidien. Ce groupe appellera aussi à une alliance entre Bayrou et Royal à la présidentielle de 2007 et ce voeu sera réalisé 10 ans plus tard, avec l’alliance Bayrou Macron qui montre, au passage, l’idée que Bayrou se fait du respect de soi-même.

“Derrière Macron, il y a des grands intérêts financiers incompatibles avec l’impartialité exigée par la fonction publique” 

“la première mesure annonçait par Emmanuel Macron est de proposer que les jeunes travaillent plus pour gagner moins”

“Emmanuel Macron est le principal responsable de la politique économique de François Hollande depuis quatre ans. Pour quel résultat ?”

“ J’ai décidé de proposer à Emmanuel Macron une alliance pour offrir à la France, une vraie alternance”.

Bien qu’Emmanuel Macron ne paie plus sa cotisation au PS depuis 2009, en 2010 il soutient à nouveau Hollande pour la primaire socialiste et ce, avant même l’affaire du Sofitel qui avait mis DSK hors jeu , laissant la voie libre à Hollande pour la présidentielle. C’est ainsi que de juillet 2010 à décembre 2011, il participe au groupe de la Rotonde en compagnie de Philippe Aghion, Gilbert Cette et Elie Cohen. Comme les Gracques, c’est un groupe de réflexion libéral qui va envoyer un rapport au candidat Hollande tous les quinze jours, pour qu’il établisse son programme économique. Il réclame notamment un véritable “choc de compétitivité”. D’abord écartée du programme par Michel Sapin, cette expression et les mesures qui vont avec, referont surface au cours du quinquennat d’Hollande.

Jacques Attali, Alain Minc, Elie Cohen : à ce stade on a quand même le trio gagnant des pseudos experts télévisués qui nous ont vendu la mondialisation heureuse et les réformes qui vont avec comme le summum de l’efficacité économique mais qui s’est toujours traduit par un véritable fiasco quand ça a été appliqué. Donc là encore c’est pas bon signe !

François Hollande ayant gagné l’élection, il nomme Macron Secrétaire général adjoint de l’Elysée et c’est ainsi qu’il devient l’un des principaux acteurs voire même à l’origine du fameux CICE : le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi. Ca s’est alors traduit par un cadeau fiscal de 13 milliards d’euros en 2013, donné aux entreprises, sous forme de réduction des cotisations patronales sans aucune contrepartie. Pour rappel, le CICE était une mesure réclamée par le MEDEF qui exigeait carrément 100 milliards de baisse d’impôt sur les entreprises et promettait en échange la création d’un million d’emplois. Ceci donne un ratio de 100 000 euros de subventions par an et par emploi pour des jobs qui sont au final, payés au SMIC donc aux environs de 20 000 euros par an. Le pire dans l’histoire c’est qu’en plus de l’arnarque, Pierre Gattaz finira par se rétracter : exit le pin’s “1 million d’emplois” et reviendra sur sa parole en expliquant qu’il n’a jamais rien promis.

Comme dans la logique de la politique qui semble ne pas s’accorder avec la logique tout court, constatant que cette mesure est un échec, elle est donc renforcée en 2014 sous l’influence de Macron. Ca devient le pacte de responsabilité et de solidarité, qui déresponsabilise et désolidarise les entreprises du reste de la société. Ce pacte présenté comme une modernisation de la fiscalité recouvre la suppression pure et simple de certaines cotisations et une augmentation du fameux crédit d’impôts qui atteint 21 milliards en 2014 et augmentera tout au long du quinquennat jusqu’à 41 milliards en 2017. Le souci c’est que l’on sait de longue date que le coût de cette mesure n’a d’égal que son inefficacité à créer des emplois et que l’immense majorité de ces sommes a fini dans la poche des actionnaires d’une manière ou d’une autre.

Autre fait d’arme de Macron qui va contribuer à faire abandonner à Hollande son projet de faire plafonner le salaire des grands patrons pour se contenter d’un simple code de bonne conduite écrit par le MEDEF !

Il va être accusé par des députés PS d’être à l’origine du sabotage du projet de loi de séparation des banques de dépôts et des banques d’investissement. Au lieu d’avoir une séparation claire entre ces deux activités il y a une filiation de celle-ci au sein des groupes ce qui revient à une mesure cosmétique qui ne change rien au final.

Mais finalement, Macron estime que le gouvernement n’est pas assez réformiste et qu’il n’a pas assez de latitude pour faire tout ce qu’il veut, comme il le veut, à son poste de secrétaire adjoint de l’Elysée. C’est ainsi qu’il quitte l’Elysée en juin 2014 pour se lancer des projets personnels en lien avec l’éducation. Différents projets sont annoncés dans la presse, mais concrètement, il va obtenir un poste à l’université de Berlin et le titre de senior research fellow en économie politique à la London School of Economics grâce à Alain Minc. Il va aussi tenter, grâce au soutien de Philippe Aghion qu’il a cotoyé à la commission Attali et au club de la Rotonde, pour travailler à Harward. Toutefois, ceci ne durera que deux mois puisqu’en août on lui propose le poste de Ministre de l’Economie, suite au départ d’Arnaud Montebourg et avec le soutien de Jacques Attali et de Jean-Pierre Jouyet.

C’est ainsi qu’il va pouvoir continuer son oeuvre de destruction des acquis sociaux. Pour ceci, il hérite du projet de loi sur la croissance et le pouvoir d’achat, d’Arnaud Montebourg, qui devait restituer 6 milliards de pouvoir d’achat aux français et il le transforme en loi sur la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques plus connue sous le nom de loi Macron.

La loi Macron n’est qu’une étape supplémentaire dans la déréglementation de l’économie notamment en ce qui concerne le travail du dimanche, les professions réglementées comme les notaires ou les huissiers mais aussi dans les transports, l’ouverture du marché des autocars etc.. ce que l’on appellera l’ubérisation de la société. Cette loi sera d’abord refusée par l’Assemblée Nationale avant qu’elle ne passe grâce à l’usage du 49-3 par M. Valls en 2015.

En 2016, il revient à la charge avec un projet de loi sur les nouvelles opportunités économiques. Dépassant ses prérogatives, Manuel Valls va s’opposer à son projet qui va être divisé et dispersé dans plusieurs ministères. Une partie de ce fameux projet de loi Macron II atterit sur le bureau du ministre du travail et va devenir la fameuse loi travail ou loi El Khomri, qui déclenchera des grêves et des manifestations dans toute la France pendant plusieurs mois. C’est ainsi que Valls, une nouvelle fois, devra user du 49-3 pour faire passer la loi.

Rappelons au passage que ces lois ont beau s’appeler Macron ou El-Khomri, elles sont l’idée, l’émanation des Grandes Orientations de Politique Economique (GOPE) définies par la commission européenne qui oblige la France à faire ces réformes tôt ou tard, d’où l’utilisation récurrente du 49-3.

Cependant les actions de Macron ne s’arrêtent pas à ces réalisations désastreuses.

En tant que ministre de l’économie il va aussi être en charge de différents dossiers et notamment celui de la vente d’ALSTOM qui tourne au scandale. L’affaire se passe dans un contexte de pressions excercées par la justice étasunienne sur les dirigeants d’ALSTOM. General Electric va donc commencer à négocier avec ALSTOM pour le rachat de sa branche Energie qui représente 80 % de l’activité du groupe. Le gouvernement sera averti au dernier moment et Arnaud Montebourg, alors ministre de l’économie, va tenter de limiter la casse, mais quand Macron le remplace, il va autoriser le rachat d’ALSTOM par General Electric pour une bouchée de pain.

Cet abandon d’ALSTOM est tellement grave qu’on aurait pendu Macron en place publique pour trahison, dans un autre temps ;

car c’est désormais le groupe américain qui décidera à qui et comment vendre ses turbines et c’est aussi lui qui aura le dernier mot sur la maintenance de nos centrales sur le sol français. Nous avons donc délibérément confié à un groupe américain l’avenir de l’ensemble de notre filière nucléaire.

Autre scandale : la vente de 49,9 % des parts de la société de gestion de l’aéroport de Toulouse à un fond d’investissement chinois CALC. La société de gestion de l’aéroport était bénéficiaire d’environ 5 millions d’euros par an et les gestionnaires avaient pris l’habitude de distribuer la moitié de ces gains aux actionnaires (état et collectivités locales) et l’autre moitié était gardée dans un fond de réserve, en vu d’investissements futurs qui a fini par atteindre 67 millions d’euros. Le problème c’est que la première mesure du fond d’investissement chinois qui est sensé ne pas être un fond vautour, a été de distribuer 50 millions d’euros aux actionnaires en provenance de ce fond de réserve. Après discussion, seuls 15 millions vont être distribués mais ça représente quand même trois années de bénéfice.

Le pire de cette histoire c’est que, peu de temps après la vente, on a appris que Mike Poon, la principale personne du consortium chinois à qui Macron avait déroulé le tapis rouge, est impliqué dans un scandale de corruption en Chine et qu’il a tout simplement disparu de la circulation. Donc là encore, nous pouvons observer les grandes réussites gouvernementales d’Emmanuel Macron, qui laissent présager une présidence “glorieuse”.

CONCLUSION

En résumé, Macron n’a rien d’un génie. Il ne s’est pas tant élevé par son mérite que par sa capacité à noyauter auprès des bonnes personnes et rien ici ne prouve que cela ferait de lui un bon président ! On voudrait nous faire croire que c’est un nouveau produit dans le paysage politique, un anti-système qui va tout changer, alors qu‘il est à l’origine des pires mesures du quinquennat d’Hollande et qu’il compte poursuivre dans ce même sillon qu’il a commencé à creuser.

En fait avec Macron, on récoltera la même politique qu’avec Hollande mais en pire parce qu’il n’y aura plus aucun garde-fou à la volonté de plaire à ses maîtres. Contrairement aux apparatchiks de partis et il le dit lui-même, il n’est pas en politique pour durer donc il n’en aura que faire de l’opinion publique.

“Ce que nous pouvons faire avec les meilleures intentions du monde, c’est quand même de changer la vie des gens et donc ma volonté c’est d’entendre et d’écouter, de porter une verticalité que j’assume totalement dans le message politique et à travers les valeurs et l’idéologie et de réconcilier justement les deux. Mais ça n’est pas la démocratie participative au sens classiquement utilisé, c’est à dire en quelque sorte, les gens me diront où il faut aller. C’est pas ça !

“De toute façon je me donne pour l’action publique en elle-même , un temps limité, parce que ce sont des vies asséchantes aussi, par ce qu’elles imposent d’engagement, ce qu’elles imposent de contacts, et donc il est bon, à un moment donné, d’arrêter de le faire. Donc je fais ça pour un temps donné. C’est pas pour demain, je vous rassure. Mais dans quinze ans je ne ferais plus ça.”

Donc il est aisé de comprendre que Macron n’est pas là pour servir les électeurs, le peuple ni même Minc ou Attali mais pour se servir lui ! Et dans quelques années, il se voit probablement bien en train de faire des petites conférences bidons à 100 000 euros et pourquoi pas devenir président du conseil d’administration d’un grand groupe hôtelier.

Si c’est sa conception d’une vie réussie, grand bien lui fasse mais faut pas qu’il vienne nous imposer une politique pendant cinq ans et une vision qu’on refuse depuis longtemps sans quoi , c’est le peuple qui va se mettre en marche et ça ne sera pas un mouvement fictif !

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